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Girolles

Cantharellus cibarius

Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.

Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit une espèce et ses sosies. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.

Saison
observations surtout de juin à octobre
Indice
Indice vérifié
Carte du 14 octobre 2026
calculée

Sosies dangereux

Règle de base : de vraies lames fines et serrées, ou une touffe qui sort d’une souche, ce n’est pas une girolle.

Gravure d’une girolle de profil : chapeau orange, et dessous non pas des lames mais des plis épais et arrondis, fourchus, qui descendent sur le pied. Une loupe grossit ces plis. Elle pousse au sol.
Girolles
  1. Dessous : pas de vraies lames ; des plis épais et arrondis, comme des nervures
  2. Plis sur le pied : qui descendent sur le pied et ne se détachent pas quand on les gratte
  3. Support : Elle pousse au sol, pas sur le bois

Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.

Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius)

Pourquoi on le confond : la confusion entre girolles et clitocybe de l’olivier fait partie des plus fréquentes signalées aux centres antipoison pour la saison 2024.

Danger : troubles digestifs qui peuvent être sévères et entraîner une déshydratation.

Comparaison point par point, girolles et Clitocybe de l’olivier
Point à regarderGirollesClitocybe de l’olivier
Dessous pas de vraies lames ; des plis épais et arrondis, comme des nervures vraies lames orange, fines, serrées, qui descendent loin sur le pied
Support au sol, pas sur le bois en touffes, sur les souches ou les racines de feuillus
Chair chair ferme chair moins ferme que celle de la girolle
Saison entre juin et octobre, avec un pic en septembre surtout en octobre et novembre

Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca)

Pourquoi on le confond : couleur orange proche, mêmes forêts.

Comparaison point par point, girolles et Fausse girolle
Point à regarderGirollesFausse girolle
Dessous pas de vraies lames ; des plis épais et arrondis, comme des nervures de vraies lames orange, fines, serrées et fourchues
Au grattage plis qui ne se détachent pas au grattage lames qui se détachent facilement au grattage
Support au sol, pas sur le bois forêts mixtes ou de conifères, sur la litière ou sur des souches

Paxille enroulé (Paxillus involutus)

Pourquoi on le confond : la clé de référence sur les chanterelles le place parmi les sosies à écarter.

Danger : un syndrome paxillien, avec des intoxications graves, parfois mortelles.

Comparaison point par point, girolles et Paxille enroulé
Point à regarderGirollesPaxille enroulé
Dessous pas de vraies lames ; des plis épais et arrondis, comme des nervures vraies lames fines, pâles à jaune sale
Au toucher non décrit par la fiche lames qui se tachent de brun roux au toucher
Le texte complet de la fiche sur les sosies

Règle de base : de vraies lames fines et serrées, ou une touffe qui sort d’une souche, ce n’est pas une girolle [4][6][7].

Clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius)

  • Pourquoi c’est le premier risque : la confusion entre girolles et clitocybe de l’olivier fait partie des plus fréquentes signalées aux centres antipoison pour la saison 2024 [5].
  • Ce qui le distingue : il pousse en touffes sur les souches ou les racines de feuillus : chênes ou hêtre [7], olivier ou châtaignier [12]. En France, on le trouve plutôt au sud de la Loire ; au nord, c’est surtout son proche parent Omphalotus illudens, sur châtaignier [12]. Tout le champignon est orange vif, chapeau, lames et pied [12] : sa couleur ne l’écarte donc pas. Il porte de vraies lames orange, fines, serrées, qui descendent loin sur le pied [6][7]. Sa chair est moins ferme que celle de la girolle [6]. En France, il apparaît surtout en octobre et novembre [3].
  • Danger : troubles digestifs qui peuvent être sévères et entraîner une déshydratation [5]. La Société mycologique de France le range dans le syndrome résinoïde : intoxication très douloureuse, le plus souvent sans gravité, mais qui a causé des décès chez des personnes fragiles [8].

Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca)

  • Pourquoi on la confond : couleur orange proche, mêmes forêts [7].
  • Ce qui la distingue : de vraies lames orange, fines, serrées et fourchues, qui se détachent facilement quand on les gratte [4][7]. Elle pousse dans les forêts mixtes ou de conifères, sur la litière ou sur des souches [7].
  • Danger : nos sources ne lui attribuent pas d’intoxication grave. La Société mycologique de France ne la classe pas parmi les espèces toxiques [15], et une fiche universitaire signale des intolérances possibles [13]. Nous la citons surtout parce qu’elle ressemble aussi au clitocybe de l’olivier, qui est toxique [13].

Paxille enroulé (Paxillus involutus)

  • Pourquoi on le cite : la clé de référence sur les chanterelles le place parmi les sosies à écarter [4].
  • Ce qui le distingue : vraies lames fines, pâles à jaune sale, qui se tachent de brun roux au toucher [4]. Elles se détachent très facilement de la chair [14]. Le chapeau est brun jaunâtre, la marge très enroulée chez les jeunes, puis il s’ouvre en entonnoir ; le pied, assez court, a la couleur du chapeau [14].
  • Danger : la Société mycologique de France décrit un syndrome paxillien, avec des intoxications graves, parfois mortelles, chez des personnes qui en avaient déjà mangé sans problème [8].

Saison

Observations datées en France, par mois, de 2010 à 2025 (GBIF, 644 fiches avant dédoublonnage)
4 J 6 F 2 M 2 A 22 M 97 J 101 J 128 A 134 S 89 O 47 N 12 D
  • mois où se concentrent les observations d’après la fiche
  • autres mois
Observations datées par mois, 644 au total
janvier4
février6
mars2
avril2
mai22
juin97
juillet101
août128
septembre134
octobre89
novembre47
décembre12

En France, la plupart des observations datées de girolles tombent entre juin et octobre, avec un pic en septembre [3]. C’est l’une des espèces les plus précoces parmi celles que suit Bredouille.

La carte du 14 octobre 2026

Carte de France métropolitaine des conditions de pousse pour les girolles, calcul du mercredi 14 octobre 2026. Les zones les plus claires comptent parmi les meilleurs jours de leur lieu.

Girolles, mercredi 14 octobre

Aujourd’hui, météo mesurée jusqu’à hier et prévue du jour. Indice au kilomètre.

Indice vérifié

Conditions de pousse, de 0 à 100

  • Parmi les meilleurs jours du lieu (90 à 100)
  • Meilleur que d’habitude (70 à 89)
  • Habituel (40 à 69)
  • Moins bon que d’habitude (1 à 39)
  • Sans couleur : conditions faibles ou milieu peu adapté

Fiabilité de l’indice

Sur 569 observations datées de 2010 à 2025, 116 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 453 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 64 fois, contre 45 attendus par hasard. Score de classement : 0,61 (0,50 = hasard). Signal net.

Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.

Par région

Pas de page pour 9 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.

Noms

Cantharellus cibarius Fr., 1821, appelée girolle [1][2], ou chanterelle dans beaucoup de régions.

Le nom C. cibarius a longtemps servi pour plusieurs espèces proches à travers le monde. Il est probable qu’il recouvre encore un petit groupe d’espèces [4].

Milieu et arbres associés

La girolle vit toujours en association avec des arbres [4]. On l’a signalée avec des arbres de nombreux genres, dont les sapins, les bouleaux, le charme, le châtaignier, le noisetier, le hêtre, les épicéas, les pins et les chênes [4]. Elle préfère les sols forestiers bien drainés, acides et pauvres en azote [4]. Elle fructifie surtout dans les peuplements jeunes ou adultes, mais aussi en vieille forêt [4].

La girolle a reculé dans une partie de l’Europe au cours des dernières décennies. Les causes avancées sont la pollution de l’air, les apports d’azote, les coupes rases et l’appauvrissement de la litière forestière [4].

Quand chercher

En mots simples, d’après la synthèse du service forestier américain [4] :

  • un printemps doux favorise la croissance du mycélium et prépare la saison ;
  • la pluie au moment où les premières ébauches se forment fournit l’eau nécessaire à la pousse ;
  • un sol qui reste humide laisse les girolles grossir sans se dessécher ;
  • les girolles poussent lentement et restent en place plusieurs semaines, ce qui rend l’humidité durable plus utile qu’une seule averse.

Comment la reconnaître

Cette description aide à repérer l’espèce sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.

Sous le chapeau, la girolle n’a pas de vraies lames. Elle porte des plis épais et arrondis, comme des nervures, qui descendent sur le pied et ne se détachent pas quand on les gratte [4][6]. La chair est ferme [6]. Elle pousse au sol, pas sur le bois [6]. L’Office cantonal de la santé de Genève cite aussi son odeur d’abricot [6].

Cuisine et sécurité

L’Anses rappelle des règles valables pour tous les champignons sauvages [9][5] :

  • ne jamais les consommer crus ;
  • les cuire à part, espèce par espèce, et longtemps : 20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ;
  • photographier la cueillette avant de la cuisiner ;
  • ne jamais donner de champignons cueillis aux jeunes enfants.

La synthèse américaine signale aussi de rares réactions allergiques aux chanterelles [4].

Conservation de la cueillette

  • Transportez les girolles dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [9].
  • Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [9].
  • Ne cueillez que des exemplaires entiers et en bon état. Laissez les très jeunes et les trop vieux [9][10].

Cueillir correctement

  • Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [10].
  • En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [10].
  • L’ONF recommande de cueillir le champignon en entier, base comprise, car elle aide à l’identifier [10]. Dégagez-la doucement, sans retourner le sol.
  • Respectez l’humus, ne retournez pas le sol et ne piétinez pas les champignons que vous laissez [10].
  • Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés [9].

Sources de la fiche

  1. TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiant cd_nom 29904.
  2. Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
  3. GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026. Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse. Les pics de janvier et d’avril sont des artefacts de datation et ne sont pas pris en compte.
  4. Pilz D. et al. (2003), USDA Forest Service, PNW-GTR-576 : répartition (p. 11-12), sols et arbres-hôtes (p. 19), fructification et météo (p. 19), allergies et déclin européen (p. 23), clé et sosies (p. 29-32).
  5. Anses, 25 septembre 2025.
  6. Office cantonal de la santé, Genève, 26 septembre 2024. La page traite d’Omphalotus illudens, proche parent du clitocybe de l’olivier ; les critères de distinction sont les mêmes.
  7. B. Assyov, boletales.com, fiches Omphalotus olearius et Hygrophoropsis aurantiaca.
  8. Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
  9. Anses, 4 septembre 2025.
  10. ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
  11. Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
  12. Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Omphalotus olearius (clitocybe de l’olivier).
  13. Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Hygrophoropsis aurantiaca (fausse girolle).
  14. Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Paxillus involutus (paxille enroulé).
  15. Société mycologique de France, Champignons toxiques et comestibles.

Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).