Bolets bais
Imleria badia
Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.
Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit une espèce et ses sosies. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.
- Saison
- observations surtout d’août à novembre
- Indice
- Indice à confirmer
- Carte du 14 octobre 2026
- calculée
Sosies dangereux
Règle de base : regardez la couleur des pores.
- Chapeau : brun rouge sombre à brun châtaigne
- Pores : crème à jaune pâle
- Pores pressés : ils bleuissent quand on les presse
- Pied : à peu près de la couleur du chapeau ou un peu plus pâle, souvent aminci vers la base
- Chair, à la coupe : chair : blanchâtre à jaunâtre, elle bleuit à l’air dans le chapeau
Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.
Bolet amer (Tylopilus felleus)
Pourquoi on le confond : bolet brun qui pousse dans les mêmes forêts de conifères, mixtes ou de feuillus.
Risque : pas dangereux, mais très amer : un seul suffit à rendre un plat immangeable. Il se confond avec un jeune bolet bai.
| Point à regarder | Bolets bais | Bolet amer |
|---|---|---|
| Pores | pores crème à jaune pâle | pores blanchâtres puis rosés |
| Pied | pied à peu près de la couleur du chapeau, ou un peu plus pâle | réseau brun bien marqué sur le pied |
| Chair | chair qui bleuit à l’air dans le chapeau | chair qui ne bleuit pas |
| Saveur | saveur sans particularité | saveur amère |
| Pores des jeunes | pores crème à jaune pâle | pores blancs chez les jeunes, rosés seulement avec l’âge |
Bolet de Satan (Rubroboletus satanas)
Pourquoi on le confond : leur chair bleuit aussi.
Danger : la Société mycologique de France classe le bolet de Satan parmi les espèces toxiques.
| Point à regarder | Bolets bais | Bolet de Satan |
|---|---|---|
| Pores | pores crème à jaune pâle | pores rouge vif à rouge orangé |
| Chapeau | brun rouge sombre à brun châtaigne | chapeau blanchâtre à gris argenté pour le bolet de Satan |
| Pied | pied à peu près de la couleur du chapeau, ou un peu plus pâle | pied jaune en haut, rouge vers le bas, avec un réseau rouge |
| Bleuissement | bleuissement normal chez le bolet bai | chair qui bleuit aussi |
Le texte complet de la fiche sur les sosies
Règle de base pour ce champignon : regardez la couleur des pores. Le bolet bai a des pores crème à jaunes [4]. Des pores roses ou rouges signalent une autre espèce [4].
Bolet amer ou bolet de fiel (Tylopilus felleus)
- Pourquoi on le cite : bolet brun qui pousse dans les mêmes forêts de conifères, mixtes ou de feuillus [4], surtout de juin à septembre en France [3].
- Ce qui le distingue : pores blanchâtres puis rosés ; réseau brun bien marqué sur le pied ; chair qui ne bleuit pas ; saveur amère [4]. Ne goûtez jamais un champignon que vous n’avez pas identifié.
- Attention aux jeunes : leurs pores restent blancs et ne rosissent qu’avec l’âge [15]. Le réseau brunâtre à larges mailles sur le pied reste alors le repère le plus visible [15].
- Risque : pas dangereux, mais très amer ; un seul suffit à rendre un plat immangeable. Il se confond avec un jeune bolet bai.
Bolets à pores rouges qui bleuissent (bolet de Satan, Rubroboletus satanas, et espèces proches)
- Pourquoi on les cite : leur chair bleuit aussi [4]. Qui se fie au bleuissement pour reconnaître un bolet bai peut donc se tromper.
- Ce qui les distingue : pores rouge vif à rouge orangé ; pied jaune en haut, rouge vers le bas, avec un réseau rouge ; chapeau blanchâtre à gris argenté pour le bolet de Satan [4]. Il pousse surtout dans les forêts de feuillus chaudes sur sol calcaire [4], un milieu différent de celui du bolet bai.
- Danger : la Société mycologique de France classe le bolet de Satan parmi les espèces toxiques [5]. Il contient une glycoprotéine toxique, la bolésatine [6]. Il provoque des troubles digestifs sévères (syndrome résinoïde), qui peuvent commencer dès 3 heures après le repas [16].
Autres bolets bruns
La fiche de référence cite aussi Xerocomus moravicus, qui peut un peu ressembler au bolet bai. Sa chair blanche ne bleuit pas, ses pores jaunes ne changent pas de couleur, et il pousse dans d’autres milieux [4].
Saison
- mois où se concentrent les observations d’après la fiche
- autres mois
| janvier | 5 |
|---|---|
| février | 5 |
| mars | 1 |
| avril | 3 |
| mai | 0 |
| juin | 19 |
| juillet | 23 |
| août | 64 |
| septembre | 138 |
| octobre | 179 |
| novembre | 64 |
| décembre | 30 |
En France, la plupart des observations datées de bolets bais tombent entre août et novembre, avec un pic net en octobre [3].
La carte du 14 octobre 2026
Bolets bais, mercredi 14 octobre
Aujourd’hui, météo mesurée jusqu’à hier et prévue du jour. Indice au kilomètre.
Indice à confirmerConditions de pousse, de 0 à 100
- Parmi les meilleurs jours du lieu (90 à 100)
- Meilleur que d’habitude (70 à 89)
- Habituel (40 à 69)
- Moins bon que d’habitude (1 à 39)
- Sans couleur : conditions faibles ou milieu peu adapté
Fiabilité de l’indice
Sur 481 observations datées de 2010 à 2025, 130 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 351 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 37 fois, contre 35 attendus par hasard. Score de classement : 0,54 (0,50 = hasard). Signal faible.
Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.
Par région
- Bolets bais en Île-de-France 30 observations
- Bolets bais en Normandie 33 observations
- Bolets bais dans les Hauts-de-France 136 observations
- Bolets bais en Occitanie 104 observations
- Bolets bais en Auvergne-Rhône-Alpes 101 observations
Pas de page pour 8 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.
Noms
Imleria badia (Fr.) Vizzini, 2014, appelé bolet bai [1][2]. Beaucoup de guides le nomment encore Boletus badius ou Xerocomus badius [1][4].
Milieu et arbres associés
Le bolet bai vit en association avec les racines des arbres (mycorhize) [4]. On le trouve surtout dans les forêts de conifères ou mixtes, le plus souvent avec l’épicéa ou les pins, plus rarement avec le hêtre ou les chênes [4]. Il est répandu et commun en Europe [4].
Quand chercher
Nos sources ne décrivent pas de déclencheur météo propre à cette espèce. Bredouille suit pour elle les mêmes signaux que pour les autres espèces : pluie récente, humidité du sol, températures et saison. Le calendrier des observations [3] reste le repère le plus solide : c’est une espèce d’automne, surtout d’octobre.
Comment le reconnaître
Cette description aide à repérer l’espèce sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.
Comme les cèpes, le bolet bai porte sous le chapeau des tubes qui s’ouvrent par des pores, pas des lames [4]. D’après la fiche de référence [4] :
- chapeau : jusqu’à 15 cm, brun rouge sombre à brun châtaigne, lisse par temps sec, nettement visqueux par temps humide ;
- pores : crème à jaune pâle, ils bleuissent quand on les presse ;
- chair : blanchâtre à jaunâtre, elle bleuit à l’air dans le chapeau ;
- pied : à peu près de la couleur du chapeau ou un peu plus pâle, souvent aminci vers la base ;
- odeur et saveur : sans particularité.
Le bleuissement fait partie des caractères normaux du bolet bai. Il ne sert donc pas, à lui seul, à le distinguer d’un bolet dangereux.
Radioactivité : une note factuelle
Après l’accident de Tchernobyl (1986), une grande partie du césium 137 tombé en forêt est restée dans la couche superficielle du sol, celle où se développent les champignons [7]. Les champignons restent donc parmi les produits les plus marqués par ces retombées, avec des écarts importants selon l’espèce et le sol [7][8].
Le bolet bai fait partie des espèces qui accumulent le plus le césium. L’office fédéral allemand de radioprotection (BfS), qui suit les champignons du sud de l’Allemagne depuis 1987, le classe parmi les espèces qui ont dépassé 1 000 becquerels de césium 137 par kilo de champignons frais entre 2021 et 2023 [9]. Le même rapport donne un ordre de grandeur : manger chaque semaine pendant un an 200 g de bolets bais au niveau le plus haut mesuré ajouterait un peu plus d’un dixième de l’exposition naturelle annuelle moyenne en Allemagne [9]. Le BfS observe aussi que la contamination de cette espèce baisse plus vite que la seule décroissance radioactive, car le césium migre lentement vers les couches profondes du sol [9].
En France, l’IRSN situe les zones les plus marquées surtout en relief : Massif central, Pyrénées, Jura, Vosges, Alpes du Sud, est de la Corse [8]. Ses mesures portent sur les « bolets » sans distinguer les espèces [8]. Nous n’avons pas trouvé de mesure publiée par l’IRSN pour le bolet bai seul.
Ces valeurs varient beaucoup d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre [8][9]. Elles ne disent rien d’un coin précis.
Cuisine et sécurité
L’Anses rappelle des règles valables pour tous les champignons sauvages [10][11] :
- ne jamais les consommer crus ;
- les cuire à part, espèce par espèce, et longtemps : 20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ;
- photographier la cueillette avant de la cuisiner, pour aider les secours en cas d’intoxication ;
- ne jamais donner de champignons cueillis aux jeunes enfants.
La Société mycologique de France conseille aussi d’en manger en petites quantités et jamais à tous les repas [12].
Conservation de la cueillette
- Transportez les champignons dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [10].
- Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [10].
- Ne cueillez que des exemplaires entiers et en bon état. Laissez les très jeunes et les trop vieux [10][13].
Cueillir correctement
- Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [13].
- En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [13].
- L’ONF recommande de cueillir le champignon en entier, base comprise, car elle aide à l’identifier [13]. Dégagez-la doucement, sans retourner le sol.
- Respectez l’humus, ne piétinez pas les champignons que vous laissez et respectez les espèces protégées [13].
- Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés : les champignons y accumulent les polluants [10][12].
Sources de la fiche
- TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiant cd_nom 971206 ; Boletus badius (29780) et Xerocomus badius (29779) y figurent comme synonymes.
- Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
- GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026 (taxon_key 7832732 pour I. badia, 2524910 pour T. felleus). Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse. Les pics de janvier et d’avril sont des artefacts de datation et ne sont pas pris en compte.
- B. Assyov, boletales.com, fiches Xerocomus badius (nom utilisé sur le site pour Imleria badia), Tylopilus felleus et Boletus satanas.
- Société mycologique de France, Champignons toxiques et comestibles.
- Ennamany R. et al. (1998), Human & Experimental Toxicology, doi:10.1177/096032719801701106.
- IRSN, fiche d’information Tchernobyl sur la contamination des produits agricoles.
- IRSN (2016), Constat radiologique « Rémanence de la radioactivité d’origine artificielle » : résumé (zones de rémanence), champignons (p. 51 et p. 75, tableau 16).
- Bundesamt für Strahlenschutz (2024), BfS-62/24 : résumé (p. 5), sections 4.1 et 4.2 (p. 12).
- Anses, 4 septembre 2025.
- Anses, 25 septembre 2025.
- Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
- ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
- Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
- Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Tylopilus felleus (bolet amer).
- Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Boletus satanas (bolet Satan).
Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).