Trompettes de la mort
Craterellus cornucopioides
Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.
Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit une espèce et ses sosies. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.
- Saison
- observations surtout de septembre à novembre
- Indice
- Indice à confirmer
- Carte du 14 octobre 2026
- calculée
Sosies dangereux
- Forme : la forme d’une trompette ou d’un entonnoir creux qui se prolonge dans le pied
- Chapeau : brun très foncé à noir
- Dessous : pas de lames ; la surface est lisse ou à peine ridée, gris cendré
Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.
| Point | Trompettes de la mort | Autre champignon |
|---|---|---|
| Dessous | une trompette n’a pas de lames | Tout champignon sombre à vraies lames trouvé au milieu des trompettes est une autre espèce |
| Panier | l’Anses demande de séparer les espèces dès la cueillette | Un champignon d’une autre espèce peut s’y glisser sans qu’on le voie |
| État | Ne gardez que des exemplaires entiers et en bon état | l’Anses compte les champignons abîmés ou mal conservés parmi les causes d’intoxication |
Le texte complet de la fiche sur les sosies
Nos sources ne signalent pas de confusion grave fréquente avec la trompette. Le risque se situe ailleurs :
- dans le panier : ces petits champignons sombres se ramassent par poignées dans les feuilles mortes. Un champignon d’une autre espèce peut s’y glisser sans qu’on le voie. L’Anses demande de séparer les espèces dès la cueillette [6] ;
- sous le chapeau : une trompette n’a pas de lames [4]. Tout champignon sombre à vraies lames trouvé au milieu des trompettes est une autre espèce. Écartez-le.
- l’état des champignons : l’Anses compte les champignons abîmés ou mal conservés parmi les causes d’intoxication [7]. Ne gardez que des exemplaires entiers et en bon état [6].
Saison
- mois où se concentrent les observations d’après la fiche
- autres mois
| janvier | 3 |
|---|---|
| février | 2 |
| mars | 0 |
| avril | 2 |
| mai | 1 |
| juin | 7 |
| juillet | 8 |
| août | 22 |
| septembre | 59 |
| octobre | 92 |
| novembre | 44 |
| décembre | 16 |
En France, la plupart des observations datées de trompettes tombent entre septembre et novembre, avec un pic net en octobre [3].
La carte du 14 octobre 2026
Trompettes de la mort, mercredi 14 octobre
Aujourd’hui, météo mesurée jusqu’à hier et prévue du jour. Indice au kilomètre.
Indice à confirmerConditions de pousse, de 0 à 100
- Parmi les meilleurs jours du lieu (90 à 100)
- Meilleur que d’habitude (70 à 89)
- Habituel (40 à 69)
- Moins bon que d’habitude (1 à 39)
- Sans couleur : conditions faibles ou milieu peu adapté
Fiabilité de l’indice
Sur 225 observations datées de 2010 à 2025, 49 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 176 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 38 fois, contre 18 attendus par hasard. Score de classement : 0,63 (0,50 = hasard). Signal net, trop peu d’observations pour conclure.
Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.
Par région
- Trompettes de la mort dans les Hauts-de-France 33 observations
- Trompettes de la mort en Occitanie 35 observations
- Trompettes de la mort en Auvergne-Rhône-Alpes 86 observations
Pas de page pour 10 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.
Noms
Craterellus cornucopioides (L.) Pers., 1825. Le référentiel national l’appelle trompette des morts [1]. La Société mycologique de France donne les deux formes, trompette-des-morts et trompette-de-la-mort [2]. Son nom scientifique évoque une corne d’abondance, et son nom anglais est horn of plenty [4].
Milieu et arbres associés
La trompette pousse dans les forêts de feuillus, en Europe comme en Amérique du Nord et en Asie [4]. En France, on la trouve surtout sous les hêtres, les chênes et les charmes, dans les endroits humides et sur sol argileux [10].
Quand chercher
Nos sources ne décrivent pas de déclencheur météo propre à la trompette. Bredouille suit pour elle les mêmes signaux que pour les autres espèces : pluie récente, humidité du sol, températures et saison. Le calendrier des observations [3] reste le repère le plus solide : c’est une espèce d’automne, plus tardive que la girolle.
Comment la reconnaître
Cette description aide à repérer l’espèce sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.
La trompette a la forme d’une trompette ou d’un entonnoir creux qui se prolonge dans le pied [4]. Le chapeau est en général brun très foncé à noir, parfois brun ou gris [4]. Dessous, pas de lames : la surface est lisse ou à peine ridée, gris cendré, parfois teintée de brun ou de rose [4]. La chair est mince et assez coriace [4]. On rencontre de rares exemplaires entièrement jaunes, avec seulement la base du pied noire [4].
Une proche parente, la chanterelle cendrée (Craterellus cinereus), pousse aussi en forêt de feuillus [4]. Elle porte dessous des plis gris et ramifiés, là où la trompette est lisse ou à peine ridée [10].
Cuisine et sécurité
L’Anses rappelle des règles valables pour tous les champignons sauvages [6][7] :
- ne jamais les consommer crus ;
- les cuire à part, espèce par espèce, et longtemps : 20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ;
- photographier la cueillette avant de la cuisiner ;
- ne jamais donner de champignons cueillis aux jeunes enfants.
La Société mycologique de France conseille aussi d’en manger en petites quantités et jamais à tous les repas [5].
Conservation de la cueillette
- Transportez les trompettes dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [6].
- Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [6].
Cueillir correctement
- Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [8].
- En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [8].
- Respectez l’humus, ne piétinez pas les champignons que vous laissez et respectez les espèces protégées [8].
- Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés [6][5].
Sources de la fiche
- TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiant cd_nom 29937.
- Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
- GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026. Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse. Les pics de janvier et d’avril sont des artefacts de datation et ne sont pas pris en compte.
- Pilz D. et al. (2003), USDA Forest Service, PNW-GTR-576 : répartition et milieu (p. 12), description dans la clé (p. 29).
- Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
- Anses, 4 septembre 2025.
- Anses, 25 septembre 2025.
- ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
- Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
- Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Craterellus cornucopioides (trompette-des-morts).
Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).