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Pieds-de-mouton

Hydnum repandum

Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.

Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit une espèce, sa proche voisine et leurs sosies. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.

Saison
observations surtout d’août à novembre
Indice
Indice à confirmer
Carte du 14 octobre 2026
calculée

Sosies dangereux

Gravure d’un pied-de-mouton vu de trois quarts : chapeau charnu bombé à aplati, crème à jaune orangé, plus pâle vers la marge ; dessous, ni lames ni pores ni plis mais des aiguillons serrés qui descendent un peu sur le pied, grossis dans une loupe ; pied blanchâtre, brun pâle à orangé là où il a été gratté.
Pieds-de-mouton
  1. Dessous : ni lames, ni pores, ni plis ; des aiguillons serrés, comme de petites pointes
  2. Chapeau : crème à jaune orangé, souvent plus pâle vers la marge
  3. Pied : Le pied, blanchâtre, devient brun pâle à orangé quand on le gratte
  4. Aiguillons sur le pied : qui descendent plus ou moins sur le pied

Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.

Points à vérifier
PointPieds-de-moutonAutre champignon
Autres champignons à aiguillons des aiguillons sous le chapeau, et non des lames d’autres champignons à aiguillons existent, comme les hydnes des genres Hydnellum et Sarcodon
Espèces voisines non décrit par la fiche plusieurs espèces de Hydnum se ressemblent beaucoup
Le texte complet de la fiche sur les sosies

Repère de base : des aiguillons sous le chapeau, et non des lames. Ce critère écarte la plupart des champignons dangereux décrits dans les autres fiches de Bredouille. Nous n’avons pas trouvé, dans des sources de référence, de confusion grave documentée avec le pied-de-mouton.

Ce repère a ses limites :

  • d’autres champignons à aiguillons existent, comme les hydnes des genres Hydnellum et Sarcodon [2] ;
  • le polypore des brebis (Albatrellus ovinus), surtout en montagne, peut lui ressembler, mais il porte des pores et pas d’aiguillons [13] ;
  • plusieurs espèces de Hydnum se ressemblent beaucoup [4] ;
  • un champignon abîmé, vieux ou mal regardé peut tromper.

Seule une personne compétente peut confirmer l’identification.

Saison

Observations datées en France, par mois, de 2010 à 2025 (GBIF, 867 fiches avant dédoublonnage)
24 J 11 F 5 M 5 A 2 M 26 J 23 J 85 A 232 S 271 O 124 N 59 D
  • mois où se concentrent les observations d’après la fiche
  • autres mois
Observations datées par mois, 867 au total
janvier24
février11
mars5
avril5
mai2
juin26
juillet23
août85
septembre232
octobre271
novembre124
décembre59

En France, la plupart des observations datées de pieds-de-mouton tombent entre août et novembre, avec un pic en septembre et octobre [3]. H. rufescens suit le même calendrier [3]. L’étude de 2018 décrit pour H. repandum une pousse de la fin de l’été à la fin de l’automne [4].

La carte du 14 octobre 2026

Carte de France métropolitaine des conditions de pousse pour les pieds-de-mouton, calcul du mercredi 14 octobre 2026. Les zones les plus claires comptent parmi les meilleurs jours de leur lieu.

Pieds-de-mouton, mercredi 14 octobre

Aujourd’hui, météo mesurée jusqu’à hier et prévue du jour. Indice au kilomètre.

Indice à confirmer

Conditions de pousse, de 0 à 100

  • Parmi les meilleurs jours du lieu (90 à 100)
  • Meilleur que d’habitude (70 à 89)
  • Habituel (40 à 69)
  • Moins bon que d’habitude (1 à 39)
  • Sans couleur : conditions faibles ou milieu peu adapté

Fiabilité de l’indice

Sur 649 observations datées de 2010 à 2025, 129 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 520 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 66 fois, contre 52 attendus par hasard. Score de classement : 0,57 (0,50 = hasard). Signal faible.

Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.

Par région

Pas de page pour 7 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.

Noms

Hydnum repandum L., 1753, appelé pied-de-mouton [1][2].

Bredouille suit avec lui une espèce voisine, Hydnum rufescens Pers., 1800 [1]. La liste des noms français de la Société mycologique de France ne lui donne pas de nom propre [2].

En Europe, on a longtemps reconnu trois espèces de Hydnum [4]. Une étude génétique de 2018 en compte davantage. Elle montre que plusieurs espèces se cachent derrière ces noms, surtout derrière H. rufescens, et que la forme et la couleur suffisent souvent mal à les séparer [4].

Milieu et arbres associés

Les Hydnum vivent en association avec les racines des arbres (mycorhize), notamment des conifères de la famille du pin et des feuillus comme les chênes, les hêtres ou les bouleaux [4].

  • Pied-de-mouton : surtout dans les forêts d’épicéas mêlées de bouleaux, de pins, de peupliers, de noisetiers ou de chênes, et aussi dans les sapinières et les hêtraies [4]. En France, on le trouve aussi bien sous feuillus (chênes, hêtres, châtaigniers) que sous conifères [13].
  • *H. rufescens* : espèce répandue en Europe, dans de nombreux types de forêts, dont les hêtraies [4].

Quand chercher

Nos sources ne décrivent pas de déclencheur météo propre à ces espèces. Bredouille suit pour elles les mêmes signaux que pour les autres espèces : pluie récente, humidité du sol, températures et saison. Le calendrier des observations [3] reste le repère le plus solide : ce sont des espèces de la fin de l’été et de l’automne.

Comment le reconnaître

Cette description aide à repérer l’espèce sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.

Sous le chapeau, le pied-de-mouton n’a ni lames, ni pores, ni plis. Il porte des aiguillons serrés, comme de petites pointes, qui descendent plus ou moins sur le pied [4].

  • Pied-de-mouton : champignon charnu, au chapeau de 4 à 11 cm environ, d’abord bombé puis aplati, crème à jaune orangé, souvent plus pâle vers la marge. Le pied, blanchâtre, devient brun pâle à orangé quand on le gratte [4].
  • *H. rufescens* : souvent plus petit (chapeau de 2 à 6,5 cm environ), à la surface bosselée, d’un orange roux plus soutenu. Ses aiguillons descendent en général peu ou pas sur le pied [4].

Même pour les spécialistes, certaines espèces de ce groupe ne se distinguent qu’au microscope ou par l’analyse génétique [4].

Radioactivité : une note factuelle

Après l’accident de Tchernobyl (1986), une grande partie du césium 137 tombé en forêt est restée dans la couche superficielle du sol, celle où se développent les champignons [12]. C’est pourquoi les champignons restent parmi les produits les plus marqués par ces retombées [12]. Certaines espèces concentrent le césium plus que d’autres [5][6].

  • En France, l’IRSN a mesuré le césium 137 dans des champignons prélevés entre 1995 et 2014. Le pied-de-mouton fait partie des espèces aux valeurs moyennes les plus élevées. Ces échantillons venaient tous d’une seule zone d’étude, le Jura [5]. Les zones les plus marquées en France se trouvent surtout en relief : Massif central, Pyrénées, Jura, Vosges, Alpes du Sud, est de la Corse [5].
  • En Allemagne, l’office fédéral de radioprotection (BfS) suit les champignons du sud du pays depuis 1987. Pour 2021 à 2023, les valeurs de pointe les plus hautes de son rapport concernent H. repandum et H. rufescens [6].

Ces mesures varient beaucoup d’un lieu à l’autre et d’une année à l’autre [5][6]. Elles ne disent rien d’un coin précis.

Cuisine et sécurité

L’Anses rappelle des règles valables pour tous les champignons sauvages [7][8] :

  • ne jamais les consommer crus ;
  • les cuire à part, espèce par espèce, et longtemps : 20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ;
  • photographier la cueillette avant de la cuisiner, pour aider les secours en cas d’intoxication ;
  • ne jamais donner de champignons cueillis aux jeunes enfants.

La Société mycologique de France conseille aussi d’en manger en petites quantités et jamais à tous les repas [11].

Conservation de la cueillette

  • Transportez les champignons dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [7].
  • Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [7].
  • Ne cueillez que des exemplaires entiers et en bon état. Laissez les très jeunes et les trop vieux [7][9].

Cueillir correctement

  • Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [9].
  • En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [9].
  • L’ONF recommande de cueillir le champignon en entier, base comprise, car elle aide à l’identifier [9]. Dégagez-la doucement, sans retourner le sol.
  • Respectez l’humus, ne piétinez pas les champignons que vous laissez et respectez les espèces protégées [9].
  • Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés : les champignons y accumulent les polluants [7][11].

Sources de la fiche

  1. TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiants cd_nom 42792 et 42796.
  2. Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
  3. GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026 (taxon_key 2554716 pour H. repandum, 2544165 pour H. rufescens). Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse. Les pics de janvier et d’avril sont des artefacts de datation et ne sont pas pris en compte.
  4. Niskanen T. et al. (2018), Mycologia, doi:10.1080/00275514.2018.1477004 : introduction (espèces européennes, arbres associés), descriptions de H. repandum et de H. rufescens.
  5. IRSN (2016), Constat radiologique « Rémanence de la radioactivité d’origine artificielle » : résumé (zones de rémanence), champignons (p. 51 et p. 75, tableau 16).
  6. Bundesamt für Strahlenschutz (2024), BfS-62/24 : résumé (p. 5) et section 4.1 (p. 12).
  7. Anses, 4 septembre 2025.
  8. Anses, 25 septembre 2025.
  9. ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
  10. Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
  11. Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
  12. IRSN, fiche d’information Tchernobyl sur la contamination des produits agricoles.
  13. Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Hydnum repandum (pied-de-mouton).

Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).