Pieds bleus
Lepista nuda
Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.
Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit une espèce et ses sosies. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.
Attention, sosies mortels. Plusieurs champignons violets ou lilas poussent dans les mêmes bois que le pied bleu. Certains cortinaires, en particulier, peuvent détruire les reins. Lisez la section « Sosies dangereux » avant toute cueillette.
- Saison
- observations surtout de septembre à décembre
- Indice
- Indice à confirmer
- Carte du 14 octobre 2026
- calculée
Sosies dangereux
Règle de base : un champignon violet avec une cortine, ou dont la sporée est brun rouille, n’est pas un pied bleu.
- Chapeau : lilas, il devient brun violacé avec l’âge ; la marge enroulée chez les jeunes
- Lames : lilas à lavande, elles pâlissent vers le chamois ou le rosé chamois
- Pied : robuste, bleu lilas ; Il ne porte ni anneau ni cortine
- Sporée : rose pâle
- Chair, à la coupe : Chair : épaisse, lilas
Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.
Cortinaires violets (Cortinarius spp.)
Pourquoi on le confond : beaucoup de cortinaires ressemblent au pied bleu.
Danger : le genre Cortinarius compte des espèces mortelles.
| Point à regarder | Pieds bleus | Cortinaires violets |
|---|---|---|
| Voile | ni anneau ni cortine | une cortine, fin voile en toile d’araignée entre le bord du chapeau et le pied |
| Lames | lames lilas à lavande, qui pâlissent vers le chamois ou le rosé chamois | des lames qui virent au brun rouille en vieillissant |
| Sporée | sporée rose pâle | une sporée brun rouille |
Inocybes à chapeau lilas (Inocybe spp.)
Pourquoi on le confond : Nous les citons parce qu’ils partagent ses couleurs.
Danger : syndrome muscarinien.
| Point à regarder | Pieds bleus | Inocybes à chapeau lilas |
|---|---|---|
| Taille du chapeau | chapeau de 5 à 15 cm | chapeau de 1 à 3 cm, bien plus petit |
| Voile | ni anneau ni cortine | une cortine chez les jeunes |
| Sporée | sporée rose pâle | sporée brune |
Entolome livide (Entoloma sinuatum)
Pourquoi on le confond : comme le pied bleu, les entolomes donnent une sporée rose.
Danger : classe l’entolome livide parmi les espèces toxiques.
| Point à regarder | Pieds bleus | Entolome livide |
|---|---|---|
| Sporée | sporée rose pâle | sporée rose, elle aussi |
Le texte complet de la fiche sur les sosies
Règle de base : un champignon violet avec une cortine, ou dont la sporée est brun rouille, n’est pas un pied bleu [4][5][6]. Le pied bleu n’a ni anneau ni cortine, et sa sporée est rose pâle [4][5].
Une sporée rose ne règle pas tout : les entolomes en donnent une aussi (voir plus bas) [12].
Cortinaires violets (Cortinarius)
- Pourquoi c’est le premier risque : beaucoup de cortinaires ressemblent au pied bleu [4]. Nos sources citent en particulier Cortinarius violaceus [5] et le cortinaire blanc et violet (C. alboviolaceus) [2][6].
- Ce qui les distingue : - chez les jeunes, une cortine, fin voile en toile d’araignée entre le bord du chapeau et le pied, dont il reste souvent des fibres sur le pied [5][6] ; - des lames qui virent au brun rouille en vieillissant [5][6] ; - une sporée brun rouille, qui laisse parfois une poussière rousse sur le pied [4][6].
- Danger : le genre Cortinarius compte des espèces mortelles, comme le cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus) et ses proches [7][8]. Elles contiennent l’orellanine, qui détruit les reins [7][10]. La Société mycologique de France signale de premiers troubles digestifs une dizaine d’heures après le repas, et des signes d’atteinte rénale entre 2 et 17 jours plus tard [7]. Ces premiers troubles peuvent manquer : dans l’étude suédoise, les malades consultaient en général 3 jours à une semaine après le repas, sans signe aigu avant [9]. Un long délai depuis le repas ne rassure donc pas. Une étude suédoise sur 28 personnes intoxiquées montre que 22 ont eu besoin de dialyse et 15 d’une greffe de rein [9]. Il n’existe pas d’antidote [10].
- Parmi les cortinaires violets, la Société mycologique de France classe aussi Cortinarius purpurascens parmi les espèces toxiques [8]. Nos sources ne disent pas quels cortinaires violets contiennent de l’orellanine. Un cortinaire, quel qu’il soit, ne doit donc jamais finir dans le panier.
Inocybes à chapeau lilas (Inocybe)
- Pourquoi on les cite : certains petits inocybes ont un chapeau violet à lilas [11]. Nous n’avons pas trouvé de cas documenté de confusion avec le pied bleu. Nous les citons parce qu’ils partagent ses couleurs.
- Ce qui les distingue : ils sont bien plus petits (chapeau de 1 à 3 cm), portent une cortine quand ils sont jeunes, et leur sporée est brune [11]. En France, l’espèce la plus citée est l’inocybe à lames couleur de terre variété lilas (Inocybe geophylla var. lilacina), commune sous conifères et sous feuillus : chapeau lilas de 1 à 3 cm, conique puis étalé, avec un mamelon jaunâtre ; lames beige puis couleur de terre ; odeur spermatique [17].
- Danger : la Société mycologique de France range un grand nombre d’inocybes dans le syndrome muscarinien : sueurs abondantes, diarrhées, parfois nausées et vomissements, avec un risque de complications cardiaques [7]. Elle classe Inocybe geophylla parmi les espèces toxiques [8].
Entolome livide (Entoloma sinuatum)
- Pourquoi on le cite : comme le pied bleu, les entolomes donnent une sporée rose [12]. La sporée seule n’écarte donc pas un entolome. Nous n’avons pas trouvé de cas documenté de confusion entre l’entolome livide et le pied bleu.
- Ce qui le distingue : champignon massif, au chapeau blanchâtre à reflets gris argentés, jusqu’à 15 cm environ ; lames jaune beurre, puis rose saumoné à maturité ; pied blanc, plein ; odeur de farine, puis désagréable [18].
- Danger : la Société mycologique de France classe l’entolome livide parmi les espèces toxiques [8]. Elle le range dans le syndrome résinoïde : intoxication très douloureuse, avec diarrhées et vomissements abondants et un risque de déshydratation, le plus souvent sans gravité mais qui a causé des décès chez des personnes affaiblies [7].
Autres Lepista
D’autres Lepista ressemblent au pied bleu. Le pied violet (Lepista saeva) a seulement le pied violet et pousse dans les prés pâturés [2][5].
Saison
- mois où se concentrent les observations d’après la fiche
- autres mois
| janvier | 12 |
|---|---|
| février | 3 |
| mars | 5 |
| avril | 4 |
| mai | 3 |
| juin | 8 |
| juillet | 4 |
| août | 2 |
| septembre | 35 |
| octobre | 154 |
| novembre | 109 |
| décembre | 33 |
En France, la plupart des observations datées de pieds bleus tombent entre septembre et décembre, avec un pic en octobre et novembre [3]. C’est l’une des espèces les plus tardives suivies par Bredouille. Une association mycologique note qu’il supporte les premières gelées [5].
La carte du 14 octobre 2026
Pieds bleus, mercredi 14 octobre
Aujourd’hui, météo mesurée jusqu’à hier et prévue du jour. Indice au kilomètre.
Indice à confirmerConditions de pousse, de 0 à 100
- Parmi les meilleurs jours du lieu (90 à 100)
- Meilleur que d’habitude (70 à 89)
- Habituel (40 à 69)
- Moins bon que d’habitude (1 à 39)
- Sans couleur : conditions faibles ou milieu peu adapté
Fiabilité de l’indice
Sur 342 observations datées de 2010 à 2025, 40 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 302 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 29 fois, contre 30 attendus par hasard. Score de classement : 0,54 (0,50 = hasard). Signal faible.
Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.
Par région
- Pieds bleus dans les Hauts-de-France 92 observations
- Pieds bleus en Occitanie 54 observations
- Pieds bleus en Auvergne-Rhône-Alpes 103 observations
Pas de page pour 10 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.
Noms
Lepista nuda (Bull.) Cooke, 1871, appelé pied bleu [1][2]. Certains guides le nomment Clitocybe nuda [1][4].
Milieu
Contrairement aux cèpes ou aux girolles, le pied bleu ne vit pas en association avec les arbres. Il décompose la matière végétale morte (champignon saprophyte) [4][5].
On le trouve dans les bois de feuillus ou de conifères, mais aussi dans les parcs, les jardins et au bord des chemins, là où les feuilles s’accumulent [5]. Il pousse seul, dispersé ou en groupes [4], et forme souvent des cercles [5].
Quand chercher
Nos sources ne décrivent pas de déclencheur météo propre à cette espèce. Bredouille suit pour elle les mêmes signaux que pour les autres espèces : pluie récente, humidité du sol, températures et saison. Le calendrier des observations [3] reste le repère le plus solide : c’est une espèce de fin d’automne, qu’on trouve encore en décembre.
Comment le reconnaître
Cette description aide à repérer l’espèce sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.
- Chapeau : 5 à 15 cm, bombé puis étalé, la marge enroulée chez les jeunes ; lilas, il devient brun violacé avec l’âge [4][5].
- Lames : lilas à lavande, elles pâlissent vers le chamois ou le rosé chamois [4][5].
- Pied : robuste, bleu lilas [5]. Il ne porte ni anneau ni cortine (voile en toile d’araignée) [4].
- Chair : épaisse, lilas [5]. Odeur fruitée [5].
- Sporée (dépôt des spores sur une feuille blanche) : rose pâle [4][5][6].
La couleur ne suffit pas à reconnaître un pied bleu. Elle pâlit avec l’âge, et beaucoup d’autres champignons sont violets ou lilas.
Cuisine et sécurité
L’Anses rappelle des règles valables pour tous les champignons sauvages [13][14] :
- ne jamais les consommer crus ;
- les cuire à part, espèce par espèce, et longtemps : 20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ;
- photographier la cueillette avant de la cuisiner, pour aider les secours en cas d’intoxication ;
- ne jamais donner de champignons cueillis aux jeunes enfants.
La Société mycologique de France conseille aussi d’en manger en petites quantités et jamais à tous les repas [7].
Conservation de la cueillette
- Transportez les champignons dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [13].
- Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [13].
- Ne cueillez que des exemplaires entiers et en bon état. Laissez les très jeunes et les trop vieux [13][15].
Cueillir correctement
- Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [15].
- En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [15].
- L’ONF recommande de cueillir le champignon en entier, base comprise, car elle aide à l’identifier [15]. Ici, c’est sur le pied que se voient les restes de cortine [5][6]. Dégagez la base doucement, sans retourner le sol.
- Respectez l’humus, ne piétinez pas les champignons que vous laissez et respectez les espèces protégées [15].
- Le pied bleu pousse aussi dans les parcs, les jardins et au bord des chemins [5]. Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés : les champignons y accumulent les polluants [13][7].
Sources de la fiche
- TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiant cd_nom 32276 ; Clitocybe nuda (514650) y figure comme synonyme.
- Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
- GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026. Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse. La plupart des observations de janvier sont datées du 1er janvier : ce sont des artefacts de datation, qui ne sont pas pris en compte.
- M. Kuo, MushroomExpert.com, Clitocybe nuda : description, écologie et comparaison avec les cortinaires. Le site décrit l’espèce en Amérique du Nord.
- GMBVS, Chronique du cueilleur, Pied bleu, janvier 2022.
- Missouri Department of Conservation, Field Guide, Blewit.
- Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
- Société mycologique de France, Champignons toxiques et comestibles.
- Hedman H. et al. (2017), BMC Nephrology, doi:10.1186/s12882-017-0533-6.
- Dinis-Oliveira R.J. et al. (2016), Human & Experimental Toxicology, doi:10.1177/0960327115613845.
- M. Kuo, MushroomExpert.com, Inocybe lilacina (espèce nord-américaine).
- M. Kuo, MushroomExpert.com, Entolomatoid Mushrooms.
- Anses, 4 septembre 2025.
- Anses, 25 septembre 2025.
- ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
- Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
- Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Inocybe geophylla var. lilacina (inocybe à lames couleur de terre, variété lilas).
- Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Entoloma lividum (entolome livide).
Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).