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Morilles

Morchella

Fiche rédigée par Bredouille, sous licence CC BY-SA 4.0.

Bredouille ne dit jamais si un champignon est comestible. Cette fiche décrit un genre et son sosie le plus dangereux. Elle ne suffit pas pour identifier un champignon. Lisez le bloc « Sécurité » en bas de page avant toute cueillette.

À retenir avant tout : les morilles ne se mangent jamais crues ni mal cuites [9][10][11]. Leur sosie, le gyromitre, reste dangereux même cuit [6][7].

Saison
observations surtout de mars à mai
Indice
Indice à confirmer
Carte du 14 octobre 2026
hors saison

Sosies dangereux

Règle de base : pour les distinguer, regardez la forme du chapeau et la coupe.

Gravure de deux morilles et d’une coupe. À gauche, une morille ronde, du groupe de la morille commune : chapeau ovoïde jaune miel creusé d’alvéoles brun ocre séparées par des côtes disposées sans ordre, soudé à un pied blanc à jaune ocre pâle, granuleux, renflé et plissé à la base. En bas à droite, une morille conique, du groupe de la morille élevée, plus petite et plus foncée : alvéoles gris olive, côtes brun foncé à noires. En haut à droite, dans un cadre, la morille ronde coupée dans la longueur : chair pâle et une seule cavité du sommet du chapeau à la base du pied.
Morilles
  1. Chapeau : creusé d’alvéoles séparées par des côtes, comme une éponge ou un nid d’abeilles ; Les alvéoles sont creusées vers l’intérieur
  2. Morille ronde : Leur teinte va du jaune au gris brun ; Leurs alvéoles sont jaune miel à brun ocre ou brun gris
  3. Morille conique : Elles sont en général plus foncées ; alvéoles gris olive à jaune grisâtre ou ocre sale, côtes brun foncé à noires
  4. Pied : Le pied est blanc à jaune ocre pâle, granuleux ou comme couvert de son, souvent renflé et plissé à la base ; le chapeau est soudé directement au pied
  5. Coupe : coupée en deux dans la longueur, une morille est entièrement creuse ; Elle n’a qu’une seule cavité, qui va de la base du pied au sommet du chapeau

Ces planches aident à comprendre pourquoi on confond ces espèces. Elles ne suffisent pas pour identifier un champignon.

Gyromitre, ou fausse morille (Gyromitra esculenta)

Pourquoi on le confond : ses observations se concentrent en avril et mai, en même temps que les morilles.

Danger : il contient de la gyromitrine, qui se transforme en monométhylhydrazine, une substance très toxique.

Comparaison point par point, morilles et Gyromitre, ou fausse morille
Point à regarderMorillesGyromitre, ou fausse morille
Chapeau chapeau creusé d’alvéoles séparées par des côtes un chapeau plissé, bosselé, en forme de cervelle ou de selle, qui bombe vers l’extérieur
Coupe dans la longueur entièrement creuse le chapeau et le pied sont cloisonnés en chambres, pas entièrement creux
Couleur du jaune au gris brun pour les rondes ; les coniques sont en général plus foncées brun jaune à brun rouge, parfois presque noir
Pied pied blanc à jaune ocre pâle, granuleux ou comme couvert de son blanc ou blanc sale, finement farineux, fortement plissé et sillonné
Le texte complet de la fiche sur les sosies

Gyromitre, ou fausse morille (Gyromitra esculenta)

  • Pourquoi on le confond : il pousse lui aussi au printemps, surtout de mars à juin [6]. En France, ses observations se concentrent en avril et mai, en même temps que les morilles [3]. Sa ressemblance avec les morilles explique des intoxications [6].
  • Ce qui le distingue : un chapeau plissé, bosselé, en forme de cervelle ou de selle, qui bombe vers l’extérieur au lieu d’être creusé d’alvéoles [5]. Coupé dans la longueur, le chapeau et le pied sont cloisonnés en chambres, pas entièrement creux [5].
  • Où il pousse : sous conifères, souvent en montagne ; il est très rare en plaine [20].
  • À quoi il ressemble : un chapeau de 4 à 12 cm, arrondi mais irrégulier, plissé comme une cervelle en quelques gros lobes [18]. Sa surface porte des lobes arrondis ou des plis, pas de côtes nettes autour d’alvéoles [19]. Il est brun jaune à brun rouge [18], parfois presque noir [19]. Le pied est plus clair que le chapeau [19] : blanc ou blanc sale, finement farineux, fortement plissé et sillonné, de 3 à 10 cm sur 2 à 6 cm [18].
  • À la coupe : des chambres d’air séparent la surface du chapeau du haut du pied [19], et le pied est creux ou cloisonné en chambres [18].
  • La couleur ne suffit pas : les teintes du gyromitre et des morilles se recouvrent, du brun jaune au presque noir [15][16][18][19]. Pour les distinguer, regardez la forme du chapeau et la coupe [5].
  • Danger : il contient de la gyromitrine, qui se transforme en monométhylhydrazine, une substance très toxique [6][7]. La cuisson, la congélation ou le séchage peuvent laisser des quantités dangereuses de toxine [6]. Les vapeurs de cuisson elles-mêmes peuvent intoxiquer [6]. Les troubles apparaissent le plus souvent 5 à 12 heures après le repas, parfois jusqu’à 48 heures [6][7] : nausées, vomissements, diarrhée, puis dans les cas graves convulsions et atteinte du foie, parfois mortelle [6][7].
  • En France : sa vente, fraîche, séchée ou en conserve, est interdite depuis le décret n° 91-1039 du 7 octobre 1991, pour raison de santé publique [8].

Saison

Observations datées en France, par mois, de 2010 à 2025 (GBIF, 185 fiches avant dédoublonnage)
J F 23 M 108 A 37 M 13 J 2 J 1 A S O N 1 D
  • mois où se concentrent les observations d’après la fiche
  • autres mois
Observations datées par mois, 185 au total
janvier0
février0
mars23
avril108
mai37
juin13
juillet2
août1
septembre0
octobre0
novembre0
décembre1

Les morilles fructifient surtout au printemps, pendant quelques semaines seulement [4]. En France, la plupart des observations datées tombent entre mars et mai, avec un pic en avril [3].

La carte du 14 octobre 2026

Hors saison : le calcul du 14 octobre 2026 ne produit pas de carte pour les morilles. Les observations datées se concentrent de mars à mai.

Fiabilité de l’indice

Sur 145 observations datées de 2010 à 2025, 10 se trouvaient là où la carte ne met pas de couleur. Pour les 135 autres, l’indice classait le jour réel parmi les 10 % de jours les mieux notés, à ce même endroit et à cette période de l’année, 11 fois, contre 14 attendus par hasard. Score de classement : 0,53 (0,50 = hasard). Pas de signal mesurable.

Ce test utilise la météo observée. Les jours prévus sont moins sûrs. Méthode et limites.

Par région

Pas de page pour 12 régions : trop peu d’observations datées pour en dire quelque chose.

Noms

Bredouille suit le genre Morchella dans son ensemble, les morilles [1][2]. Les spécialistes y distinguent deux grands groupes : les morilles « jaunes » (groupe de Morchella esculenta, la morille commune) et les morilles « noires » (groupe de Morchella elata, la morille élevée) [2][4]. Le genre compte de nombreuses espèces, que seule l’analyse génétique sépare avec certitude [4].

Milieu et arbres associés

  • Les morilles jaunes poussent surtout dans les forêts tempérées de feuillus [4].
  • Les morilles noires poussent surtout en forêt de conifères et supportent mieux le froid et l’altitude [4].
  • Certaines espèces apparaissent en masse sur les zones brûlées, l’année qui suit un incendie de forêt de conifères. Ce comportement est surtout décrit en Amérique du Nord [4].

Le mode de vie des morilles fait encore débat : selon les études, elles vivent de matière organique morte, en association avec des racines, ou des deux façons [4].

Quand chercher

La saison est courte : quelques semaines au printemps [4]. Nos sources ne décrivent pas de déclencheur météo validé pour la France. Bredouille suit pour les morilles les mêmes signaux que pour les autres espèces : pluie récente, humidité du sol, températures et saison.

Comment les reconnaître

Cette description aide à repérer les morilles sur le terrain. Pour identifier un champignon, il faut une clé de détermination et l’avis d’une personne compétente.

Le chapeau d’une morille est conique ou arrondi et creusé d’alvéoles séparées par des côtes, comme une éponge ou un nid d’abeilles [5]. Les alvéoles sont creusées vers l’intérieur [5]. Chez la plupart des morilles, le chapeau est soudé directement au pied ; chez les morilles dites « à demi libres », la moitié inférieure du chapeau pend librement [5].

Le geste qui compte : coupée en deux dans la longueur, une morille est entièrement creuse, du sommet du chapeau à la base du pied [5]. Elle n’a qu’une seule cavité, qui va de la base du pied au sommet du chapeau [17]. La chair qui l’entoure est pâle et élastique [15][16].

La forme et la couleur du chapeau changent d’un groupe de morilles à l’autre :

  • Les morilles rondes, du groupe de la morille commune, ont un chapeau sphérique à ovoïde, aux côtes disposées sans ordre [17]. Leur teinte va du jaune au gris brun [17]. Leurs alvéoles sont jaune miel à brun ocre ou brun gris [15]. Le chapeau mesure 5 à 15 cm sur 4 à 10 cm [15].
  • Les morilles coniques, du groupe de la morille élevée, ont un chapeau allongé, souvent pointu, avec des côtes plutôt verticales reliées par des côtes transversales [16][17]. Elles sont en général plus foncées [17] : alvéoles gris olive à jaune grisâtre ou ocre sale, côtes brun foncé à noires [16]. Le chapeau mesure 4 à 10 cm sur 2 à 8 cm [16].

Le pied est blanc à jaune ocre pâle, granuleux ou comme couvert de son, souvent renflé et plissé à la base [15][16]. Chez la morille commune, il mesure 3 à 11 cm sur 1 à 5 cm [15].

Cuisine et sécurité

Les morilles posent un risque propre, en plus des règles générales.

  • Jamais crues, jamais mal cuites. Une étude nationale des centres antipoison français a recensé 446 intoxications dues aux seules morilles entre 2010 et 2020. La plupart des personnes ont eu des troubles digestifs, plus de la moitié des troubles neurologiques [9], comme des vertiges, des tremblements ou des troubles de l’équilibre [10]. Huit ont fait un état de choc, dont deux sont mortes [9]. Les auteurs insistent sur le danger des préparations crues ou insuffisamment cuites [9].
  • Les morilles de culture importées sont aussi concernées : les deux décès français ont été attribués à des morilles de culture importées [9].
  • Les grandes quantités augmentent le risque : les personnes atteintes du syndrome neurologique avaient plus souvent mangé une grande quantité de morilles [10].
  • Les règles de l’Anses valent pour tous les champignons sauvages : jamais crus ; cuisson à part, espèce par espèce, 20 à 30 minutes à la poêle ou 15 minutes dans l’eau bouillante en jetant l’eau de cuisson ; photo de la cueillette avant de cuisiner ; jamais de champignons cueillis pour les jeunes enfants [11][12].

Conservation de la cueillette

  • Transportez les morilles dans un panier, une cagette ou une boîte en carton, jamais dans un sac plastique, et séparez les espèces [11].
  • Gardez-les au réfrigérateur, à 4 °C au plus, à l’écart des autres aliments, et consommez-les dans les deux jours [11].
  • Ne cueillez que des exemplaires entiers et en bon état [11][13].

Cueillir correctement

  • Toute forêt a un propriétaire. En principe, il faut son autorisation pour cueillir [13].
  • En forêt domaniale, l’ONF tolère une cueillette familiale de 5 litres par personne et par jour, sauf règle locale contraire. La revente est interdite [13].
  • L’ONF recommande de cueillir le champignon en entier, base comprise, car elle aide à l’identifier [13]. Pour la morille, c’est aussi ce qui sert à vérifier, une fois coupée, qu’elle est creuse de bout en bout [5].
  • Respectez l’humus et ne piétinez pas les champignons que vous laissez [13].
  • Évitez les bords de route, les zones industrielles, les décharges, les pâturages et les champs engraissés [11][7].

Sources de la fiche

  1. TAXREF, référentiel taxonomique national (MNHN), via GBIF France. Identifiants cd_nom 194901 (genre), 48691, 48683.
  2. Société mycologique de France, Les noms français des champignons.
  3. GBIF, occurrences datées en France par mois, consultées le 14 octobre 2026, pour le genre Morchella et pour Gyromitra esculenta. Les données reflètent l’effort d’observation autant que la pousse.
  4. Du X.-H., Zhao Q., Yang Z.L. (2015), Mycology, doi:10.1080/21501203.2015.1016561.
  5. Missouri Department of Conservation, Morels. Source nord-américaine ; les critères de coupe et de forme valent pour le genre.
  6. IPCS INCHEM, monographie G029, Gyromitra spp. (sections 2.3, 3.1.2, 3.2, 3.3.2, 9.4).
  7. Société mycologique de France, Les syndromes des champignons toxiques.
  8. Assemblée nationale, réponse à la question écrite n° 355 (JO du 26 juillet 1993).
  9. Vodovar D. et al. (2024), Clinical Toxicology, doi:10.1080/15563650.2024.2367657.
  10. Saviuc P. et al. (2010), Clinical Toxicology, doi:10.3109/15563651003698034.
  11. Anses, 4 septembre 2025.
  12. Anses, 25 septembre 2025.
  13. ONF, Cueillette des champignons, oui mais avec modération.
  14. Centres antipoison et de toxicovigilance, centres-antipoison.net.
  15. Naturalis Biodiversity Center (Pays-Bas), guide interactif des champignons, fiche Morchella esculenta. Description en anglais, traduite par Bredouille.
  16. Naturalis Biodiversity Center, guide interactif des champignons, fiche Morchella elata. Description en anglais, traduite par Bredouille.
  17. Brunelli F., Göpfert H., Les morilles, 15e lettre de « La page du débutant », VAPKO (Suisse).
  18. Naturalis Biodiversity Center, guide interactif des champignons, fiche Gyromitra esculenta. Description en anglais, traduite par Bredouille.
  19. Beaty Biodiversity Museum, université de Colombie-Britannique, Mushrooms Up!, fiche Gyromitra esculenta. Source nord-américaine.
  20. Smart Champi, université de Rouen Normandie, fiche Gyromitra esculenta (gyromitre).

Texte sous licence CC BY-SA 4.0 : Bredouille, fiches espèces (2026).